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SCoT : augmentation des risques de pénurie d’eau et de nourriture

Le 3 juillet s’est terminée l’enquête publique sur la révision n°2 du SCoT du Dijonnais (Schéma de Cohérence Territoriale). Dijon Avenir a déposé une contribution argumentée qui montre en quoi ce document structurant l’urbanisme du territoire pour les 20 ans qui viennent, va engendrer des risques croissants pour la santé de la population et la disponibilité des ressources vitales du territoire (eau et alimentation).

Des objectifs inadaptés, voire dangereux pour la population

Le Schéma de Cohérence Territoriale du Dijonnais (SCoT), adopté en 2019, structure et programme jusqu’en 2046 l’urbanisation d’un territoire composé des collectivités de Dijon Métropole, de la Communauté de Communes Norge et Tille et de la Communauté de Communes de la Plaine Dijonnaise. La révision du SCoT soumise à l’enquête publique, définit notamment de nouveaux objectifs de croissance de la population, de construction de logements, et de surfaces de pleine terre à artificialiser. C’est donc un document essentiel qui engage pleinement l’avenir du territoire et de la population. D’autant plus que la hiérarchie des normes impose que les objectifs du SCoT soient ensuite repris dans les plans d’urbanismes locaux et intercommunaux, notamment le PLUi-HD de Dijon Métropole dont la Maire de Dijon a annoncé la prochaine révision.

Nous pensons que ce projet de révision SCoT est un bel exemple d’inadaptation du territoire et de sa population au réchauffement climatique et aux aléas qui en résultent, notamment les canicules qui vont augmenter en fréquence et en intensité, engendrant des risques croissants pour la santé de la population et la disponibilité des ressources vitales du territoire (eau et production agricole essentiellement).

Nous refusons le projet d’une ville qui se développe en dépeuplant le tissu rural et détruisant les terres, qui sont pourtant une des conditions de vie de sa population

Nous interrogeons les élu·e·s du Syndicat Mixte du SCoT : alors que la situation hydrologique est déjà tendue et que vos projets vont détériorer la capacité du milieu à se recharger, comment allez-vous répondre aux besoins en eau potable des près de 300 000 habitant·e·s du territoire, sans empêcher les populations alentour de répondre à leurs besoins ?

Nous mettons en évidence que sur les 3 premières années d’exécution du SCoT en vigueur, la production de logements fixée pour Dijon et Dijon Métropole, a été largement dépassée.
Pour la ville de Dijon, le SCoT fixait un objectif annuel de 750 logements. La Ville l’a traduit dans le PLUi-HD par un objectif annuel de 1 000 logements (+33%), et le nombre de logements réellement construits s’est élevé à 1 361 par an, 36% supérieur au PLUi-HD et surtout 81% au-dessus de l’objectif du SCoT !

Sources : Sitadel, observatoire de Dijon métropole et document du SCoT du Dijonnais approuvé en 2019

Nos propositions

Nous proposons de faire évoluer le SCoT en intégrant les objectifs et les mesures suivantes :

  • Engager le territoire sur une trajectoire de stabilisation démographique à son niveau actuel, spécialement pour Dijon et sa métropole.
  • Appliquer immédiatement le principe du ZAN, en compensation de la consommation foncière très élevée des dernières décennies.
  • Donc : préserver TOUS les Espaces Naturels Agricoles et Forestiers ainsi que TOUS les espaces de pleine terre existant encore dans le tissu urbain, quelle que soit leur surface. Y compris toutes les dents creuses de moins de 5 000 m², qui seront utilisées pour créer des jardins potagers vivriers destinés à développer l’autonomie alimentaire du territoire et des espaces végétalisés qui feront fonction d’îlots de fraîcheur pour protéger les habitant·e·s des vagues de chaleur à venir.
  • Protéger, préserver TOUS les arbres.
  • Ne plus construire aucun logement neuf sur le territoire de Dijon et Métropole.
  • Produire les seuls logements nécessaires à une population stabilisée, intégralement par réhabilitation des logements vacants, conversion de résidences secondaires en résidences principales (notamment par un strict plafonnement du nombre de logements loués en courte durée), conversion de bureaux en logements, etc. Sur la ville de Dijon, le potentiel de ces différents gisements permettrait de produire 10 000 logements à l’horizon 2050, soit 2,5 moins que l’objectif fixé par le projet de SCoT. C’est l’objectif que nous proposons.
  • Questionner la dynamique globale du SCoT et les équilibres internes entre EPCI, spécialement entre Dijon / Métropole d’une part et les 2 EPCI périurbains et ruraux d’autre part.
  • Remettre profondément en question l’objectif de développement du tourisme, surtout international, qui est très consommateur de ressources : eau (notamment en été quand la ressource est au plus bas), énergie, foncier (logements, résidences secondaires louées en Airbnb, etc…) 
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Plan de reconquête végétale de Dijon

Destiné à protéger la population des prochaines vagues de chaleur, notre plan de reconquête végétale de Dijon s’articule autour d’un ensemble de mesures que nous mettrons en œuvre durant le mandat 2026-2033

  • l’arrêt de l’artificialisation de la pleine terre, par un moratoire immédiat sur les sites de projet du Plan Local d’Urbanisme (PLUi-HD), en zone urbaine mais également en zone agricole (pour rendre la ville nourricière), puis surtout par l’élaboration d’un nouveau PLUi-HD
  • la renaturation de nombreux espaces artificialisés mais non bâtis (par exemple les sites ex Parvex-Parker et CIGV-2)
  • la préservation de nombreux cœurs d’îlots verts dans les tissus pavillonnaires, par l’adoption de règles d’urbanisme spécifiques visant à restreindre aux seuls “habitats légers” les constructions en lot arrière sur les parcelles constituant ces îlots
  • la plantation massive de nouveaux arbres en ville, y compris dans le centre-ville historique, sur de très nombreux emplacements que les habitant·e·s nous aideront à identifier à travers l’appel à contribution que nous lançons dans quelques jours. Nous proposerons un dispositif de “parrainage” de ces nouveaux arbres notamment durant leurs premières années de croissance, par des Dijonnais·es volontaires
  • un dispositif de “pastillage” pour la création de nombreux nouveaux îlots de fraîcheur publics. Il s’agira de marquer des terrains privés non bâtis sur le plan de zonage et le document graphique du futur PLUi-HD, pour signaler qu’ils sont susceptibles d’être concernés par une mesure de préemption ou d’acquisition amiable dans le cadre du plan de reconquête végétale

Nous pensons que ce plan est un impératif majeur pour faire face à l’augmentation des vagues de chaleur en fréquence et en intensité. C’est même une question de sécurité à moyen terme.

Ce plan repose sur la règle des 3/30/300 qui est un concept simple développé par le chercheur néerlandais Cecil Konijnendjik pour évaluer la présence de la nature en ville. Afin que celle-ci soit considérée comme satisfaisante pour la santé physique, mentale et sociale des habitant·e·s, trois critères doivent être respectés :

  •     3 arbres visibles par chacun·e depuis son domicile
  •     30 % de couverture canopée dans chaque quartier
  •     300 mètres maximum de distance avec un espace vert pour chaque habitant·e (5 min à pied)
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Non à l’abattage des arbres de l’ancien EHPAD Marguerites

La Maire de Dijon vient d’autoriser l’abattage de 12 arbres en pleine santé, par un permis de construire accordé au promoteur BNP Paribas immobilier promotion pour la démolition-reconstruction de l’ancien EHPAD public des Marguerites. Lacunes dans le cahier des charges de cession, non-conformité avec le PLUi-HD et surtout destruction des arbres : Dijon Avenir engage un premier recours et lance une pétition pour les sauver !

Une nouvelle fois, la Maire choisit de sacrifier des arbres au profit du béton

Au cœur de la canicule de juin, et alors qu’elle a subi en mars un sérieux revers avec l’annulation du permis de construire du projet immobilier Venise-2 sur le motif de l’incertitude majeure pesant sur le nombre d’arbres conservés, la Maire persiste dans l’erreur en signant le 23 juin le permis d’abattre une partie des arbres des “Marguerites” !

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Arbres en ville : règle des 3/30/300

Face à ce besoin et ce désir exprimé par les citoyen·ne·s d’espaces verts plus nombreux, plus équitables et de meilleure qualité, la Mairie pourrait par exemple s’appuyer sur le principe du 3/30/300 dans sa politique d’urbanisme.

Il s’agit d’un concept simple développé par le chercheur néerlandais Cecil Konijnendjik et qui permet d’évaluer la présence de la nature en ville. Afin que celle-ci soit considérée comme satisfaisante, 3 critères doivent être respectés :

  • 3 arbres visibles par chacun·e depuis son domicile
  • 30 % de couverture canopée dans chaque quartier
  • 300 mètres maximum de distance avec un espace vert pour chaque habitant·e (5 min à pied)

Cette règle relativement récente a déjà séduit par sa simplicité – rares sont les concepts aussi limpides dès leur énoncé – et par l’aspect consensuel de son sujet.

Car nous l’avons tous compris, oui les arbres, la nature et la biodiversité associée sont essentiels à la résilience de nos villes et au bien-être des citoyen·ne·s, les épisodes caniculaires passés et à venir nous le rappellent tristement. 

L’idée n’est bien sûr pas d’appeler à une application bête et méchante de cette règle ce qui serait à la fois démagogique et inconséquent. 

Néanmoins, donner plus de place à la nature dans nos villes est aujourd’hui une nécessité et cette règle des 3/30/300 – dont les effets sur la santé mentale ont été démontrés par une étude scientifique récente – peut servir a minima d’outil de sensibilisation et d’orientation.

Elle pourrait même représenter une forme de cap à viser au sein d’une politique globale ambitieuse de résilience, de santé publique et de justice sociale face à la convergence des crises.

Des progrès sont d’ailleurs à faire si l’on souhaite se rapprocher de cet objectif, on sait par exemple que seuls 71% des Dijonnais et Dijonnaises ont accès à un espace vert à moins de 300 m de leur domicile.

Cette nécessité de protection et d’essor de la nature en ville et son accès équitable pour toutes et tous que défend le concept des 3/30/300 a largement été exprimée par les citoyen·ne·s lors de la cogitation citoyenne du 5 juillet qui ont unanimement souligné à la fois l’importance de ce parc et leur désir de voir davantage de nature à Dijon.